Faune

Introduction

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Les études (Colyn et Perpete, 1994 ; Williamson et Usongo, 1995) effectuées à ce jour ont permis d’identifier 109 mammifères répartis dans 10 ordres et 34 familles,

360 espèces d’oiseaux et 62 espèces de poissons.

Les mammifères

Selon leur niveau de protection, les mammifères les plus gros et les plus caractéristiques de la RBD sont les suivants :

- Classe A (Protection absolue) : la Panthère (Panthera pardus), le Gorille (Gorilla gorilla), le Chimpanzé (Pan troglotydes), le Magistrat (Colobus guereza).

- Classe B (protection partielle) : l’Eléphant (Loxodonta africana cyclotis), le Buffle (Syncerus caffer narrus), le Sitatunga (Tragelaphus spekei), le Pangolin géant (Manis gigantea), le Potamochère (Potamochoerus porcus), le Céphalophe à bande dorsale noire (C. dorsalis), le Bongo (Boocerus sp) a été observé dans la réserve en fin juin 1997.

-Classe C (Protection réglementée) : le Hocheur (Cercopithecus nictitans), le Moustac (Cercopithus cephus), le Cercocèbe à joues blanches (Cercocebus albigena), le Cercocèbe agile (Cercocebus galeritus), le Mone (Cercopithecus pogonias), le singe de Brazza (Cercopithecus neglectus), le Cephalophe bleu (Cephaloplus sp) …
Les éléphants

pe9-1.pngL’éléphant de forêt Loxodonta africana cyclotis, est plus petit que son cousin des savanes. Il vit en petits groupes dominés par une femelle adulte. Si en savane, le lion est un prédateur possible pour les éléphanteaux, le plus grand félin des forêts, le léopard, ne constitue pas une menace pour les jeunes, d’autant que la vigilance de la mère ne baisse jamais. L’éléphant a peur de l’homme, et fuit généralement à son approche. Une femelle, surtout accompagnée d’un jeune, n’hésitera cependant pas à charger pour défendre son petit. Cette charge peut être purement destinée à l’intimidation, mais comment savoir qu’elle n’ira pas jusqu’au bout ?

La mauvaise vue de l’éléphant est compensée par un odorat et une ouïe extraordinaires. Sa trompe, extrêmement tactile, lui fournit toute information complémentaire pour se diriger, identifier et percevoir son proche environnement, ainsi que pour communiquer avec ses congénères. Les observations, bien que difficiles, restent cependant possibles dans la forêt du Dja : les déplacements de ces grands animaux ne sont pas discrets lorsqu’ils recherchent leur nourriture, constituée de feuilles, d’écorces, d’herbes qu’ils broutent sur les rochers, de fruits. Ils complètent ce régime par des sels minéraux recherchés dans les salines.

L’éléphant a besoin d’eau et se rendra quotidiennement vers un point d’eau pour s’abreuver. Les traces laissées par les éléphants sont visibles : layons de buissons écrasés, troncs lacérés et "épluchés", arbres tombés, …

Les données d’inventaire de la faune ne tiennent pas compte des céphalophes, des petits carnivores et des rongeurs pourtant présents dans la RBD. Ces animaux sont d’une importance capitale en ce sens qu’ils constituent les espèces les plus prélevées.
La famille des primates

pe10.pngLe gorille présent dans la forêt du Dja est le gorille de plaine de l’ouest Gorilla gorilla gorilla. Son observation reste hasardeuse. En fin de journée, le gorille confectionne un nid de feuilles dans lequel il passera la nuit. Même si le gorille n’est pas rare dans la forêt du Dja qui pourrait héberger 2.500 individus, ceux-ci sont inégalement distribués dans l’aire protégée. Ils sont d’autant plus difficiles à observer qu’ils affectionnent les forêts inondées et marécageuses, ou les raphiales, certainement pour fuir leur principal prédateur qu’est l’homme. Le gorille vit en groupes familiaux ; ceux de la forêt du Dja comprennent trois à quatre individus en moyenne.

Le chimpanzé Pan troglodytes troglodytes vit en groupes familiaux et a une distribution plus homogène dans la réserve du Dja, où il est rencontré dans tous les types de forêt, avec une densité estimée proche d’un individu au kilomètre carré.

Les chimpanzés se nourrissent principalement dans la canopée, et comme les gorilles, construisent des nids pour passer la nuit, mais dans les arbres.

Les colobes, de la famille des Cercopithecidae, sous-famille des Colobinae, ont un régime alimentaire végétarien, se nourrissant principalement de feuilles, et notamment de feuilles de Légumineuses, aliments pourtant particulièrement indigestes. Les feuilles et les fruits des espèces de cette grande famille sont non comestibles pour la plupart des animaux car protégés par des composants chimiques difficiles à digérer. Deux espèces de colobes se rencontrent dans la forêt du Dja : le colobe noir Colobus satanas est présent en faible densité, alors que le colobe guéréza Colobus guereza est plus commun. Ce dernier est le plus gros des petits singes de la réserve, et certainement le plus attrayant. Il se déplace généralement en groupes, dans lesquels les femelles s’identifient à leur plus petite taille.

Les cercopithèques sont mieux représentés, et quatre espèces sont actuellement connues de la réserve du Dja. Il s’agit du pain à cacheter Cercopithecus nictitans nictitans, du moustac C. cephus cephus, de la mone couronnée C. pogonias grayi, et du singe de Brazza C. neglectus. Ce dernier est cependant assez rare, se trouvant en limite nord de son aire de distribution. Outre les cercopithèques, sont également présents dans la forêt du Dja, le cercocèbe agile Cercocebus agilis agilis, et le mangabé à joues blanches Lophocebus albigena albigena. Les primates les plus anciens, les Prosimiens, sont nocturnes et de petite taille. L’exploration de la forêt, la nuit, est plus difficile mais fascinante. Les yeux de nombreux animaux, comme ceux du potto et des galagos, brillent dans la lumière des torches, et permettent de les localiser.
Les oiseaux

pe11.pngChristy (1996) affirme qu’il existe plus de 360 espèces d’oiseaux dans la réserve du Dja dont quelques 80 espèces migrateurs plus ou moins venus d’Europe  et d’Afrique (principalement des contrées sahéliennes durant la saison sèche de ses zones). Le perroquet gris à queue rouge, Psitthacus erithacus, le grand Calao à casque noir Ceratogymna atrata, le Calao à joues brunes, Ceratogymna cylindricus, le Calao à joues grises Ceratogymna subcylindricus sont les plus remarquables. Les calaos, toutes espèces confondues atteindraient une densité de 13 individus par km2. Il est observé que les Calaos à joues grises sont plus fréquents en forêt secondaire tandis que les calaos à casque noir abondent en forêt primaire.

La RBD abrite une des plus importantes colonies au monde de Picatharte chauve (Picathartes oreas), avec une cinquantaine de nids actifs sur une même falaise rocheuse. Aucune espèce endémique n’a encore été identifiée dans la RBD et surtout du fait que les difficultés d’observation dans ce milieu dense d’espèces discrètes et silencieuses et de l’existence probable de biotopes  particuliers non encore couverts par les études ne permettent pas de conclure sur la richesse de l’avifaune dans le Dja.
Poissons, reptiles, amphibiens
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En fin d’après-midi, et jusqu’au crépuscule, les animaux diurnes reprennent des activités. Ils s’alimentent avant la nuit, cherchent des dortoirs, comme le calao longibande ou siffleur. Les gorilles et chimpanzés construisent des nids pour assurer leur confort nocturne. L’engoulevent pointillé Caprimulgus tristigma, dissimulé toute la journée, démarre sa chasse aux insectes dès la nuit tombée.

Les espèces de poissons rencontrées dans le fleuve Dja sont communément celles présentes dans le bassin congolais. Comme partout ailleurs dans la forêt congolaise, les reptiles et les amphibiens sont largement représentés.

Les forêts du Dja hébergent de nombreuses espèces de reptiles, dont les serpents, la plus redoutable étant certainement la vipère du Gabon Bitis gabonica. Chanceux sont ceux qui peuvent les observer, car les serpents sont extrêmement discrets, et passent inaperçus dans la végétation.

La pression de la chasse exercée sur certaines espèces protégées (crocodiles en particulier) nécessite leur inventaire à brève échéance.
Fourmis, papillons et insectes

pe13-1.pngIl est une petite bête infiniment plus redoutable que les serpents : les magnans ou fourmis légionnaires des genres Annoma et Dorylus. Il vaut mieux ne pas interrompre leur colonne car les magnans se défendent. Parfois, certains oiseaux peuvent les signaler car ils récupèrent les insectes qu’elles dérangent. L’Alèthe à couronne orangée Alethe diademata s’avère ainsi être un spécialiste de ce type de comportement ; on le trouve en général en tête de la colonne de fourmis.

Avant d’accéder aux sentiers forestiers, on longe la limite nord de la forêt du Dja, traversant des plantations villageoises, comme celles qui précèdent le sentier long de 2,8 km menant au rocher de Chwam. C’est l’occasion de découvrir les papillons.

Les premières espèces forestières évoluent en milieu relativement ouvert (lisière de forêt et plantations), mais d’autres sont plus inféodées au milieu forestier, et demeurent sous le couvert dense de la végétation. Les espèces diurnes volent aux périodes d’ensoleillement.

Les papillons constituent la proie de nombreux animaux insectivores que sont des oiseaux ou certaines espèces de reptiles comme les lézards. Il est possible d’observer quelques unes des stratégies développées par ces proies "faciles" pour se protéger. Les papillons diurnes, souvent vivement colorés, redressent leurs ailes lorsqu’ils se posent, et ne montrent alors que la face inférieure des ailes, qui est généralement terne, se fondant ainsi dans l’environnement.

 

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Les espèces ont un vol rapide, d’autres, plus lentes, ont un vol erratique. Certaines espèces sont plus ou moins toxiques. Leurs prédateurs associeront au cours de leur apprentissage, leur goût désagréable à leurs couleurs et forme, et ne les chasseront plus.

Certaines espèces, parfaitement comestibles, imitent les couleurs et les formes des papillons toxiques de façon à échapper aux prédateurs. D’autres papillons encore, de teintes claires et très visibles pour l’oeil humain, passent inaperçus à leurs prédateurs du fait qu’ils imitent le scintillement des feuillages provoqués par la lumière et le vent.

Le papillon proprement dit ne représente en fait qu’un seul stade du cycle des Lépidoptères qui en comprend quatre : oeuf, larve (chenille), chrysalide, et adulte (imago). Les chenilles de certains Lépidoptères constituent un aliment pour de nombreux animaux mais aussi un mets prisé par les populations humaines.

La forêt regorge également d’autres insectes moins sympathiques pour les humains tels que les araignées et les scorpions.

 

 

 

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